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Rabobank dispose désormais de 46,06 % du capital de Sarasin, ce qui lui donne 68,63 % des droits de vote, ont indiqué les deux établissements mardi dans un communiqué. Les Hollandais ont acquis le paquet de 550'000 actions nominatives A (dotées de droits de vote prépondérants) d'Eichbaum Holding, qui réunissait les copropriétaires de la banque.
Sarasin salue l'opération
Le prix s'élève à 809 francs par titre, soit un total de 444,95 millions de francs. Ce montant a été ajusté chaque année selon la convention passée entre Sarasin et Rabobank en 2002. Au passage, Rabobank a encore acquis 150 actions B de l'établissement helvétique. L'ensemble de la transaction a eu lieu le 29 décembre.
Sarasin dit «saluer» cette opération en notant que Rabobank soutient totalement sa stratégie. La banque bâloise fondée en 1841 gardera son nom et continuera à être exploitée de manière indépendante, avec son management actuel. Son nouveau propriétaire entend en outre la maintenir cotée à la Bourse suisse.
OPA purement formelle
La loi helvétique oblige toutefois un actionnaire qui dépasse le seuil des 33% du capital dans un groupe à lancer une offre publique d'achat (OPA) sur l'ensemble des titres en mains du public. Rabobank s'y plie, tout en avançant sciemment un prix qui ne séduira personne. Le montant proposé est de 3687,50 francs par action B, soit une décote de 6,6% par rapport aux 3949 francs affichés par ces titres lundi soir à la clôture.
Le passage de Sarasin en mains néerlandaises constitue une relative surprise. «Il est peu probable, à notre connaissance, que Rabobank exerce son option et que Sarasin devienne une banque néerlandaise», déclarait ainsi Eric Sarasin, directeur de la division clientèle privée et institutionnelle de la banque helvétique en juin dernier. «Notre indépendance est très importante», ajoutait-il dans cette interview au quotidien «Le Temps».
Redressement depuis 2002
A noter qu'en entrant dans le capital de la banque suisse en 2002 - Sarasin se dirigeait alors vers une année affichant le déficit record de 315,5 millions de francs - Rabobank y avait apporté son unité de gestion de fortune internationale, active en Suisse, au Luxembourg, à Guernesey, ainsi qu'à Hong Kong et Singapour. Les synergies avaient entraîné des réductions d'effectifs.
L'appui de son partenaire international a permis à Sarasin de considérablement accroître son poids au cours des dernières années. Les fonds sous gestion de l'établissement sont ainsi passés d'un peu plus de 40 milliards de francs en 2000 à 65,3 milliards à la fin du premier semestre 2006. Sarasin vise désormais les 100 milliards pour 2010, tout en améliorant sa rentabilité.
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